{"id":18145,"date":"2021-08-30T10:59:00","date_gmt":"2021-08-30T16:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/?p=18145"},"modified":"2025-05-05T14:52:42","modified_gmt":"2025-05-05T20:52:42","slug":"presence-des-caraibes-a-edmonton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/2021\/08\/30\/presence-des-caraibes-a-edmonton\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9sence des Cara\u00efbes \u00e0 Edmonton"},"content":{"rendered":"\n<p>Des avions atterrissaient \u00e0 un a\u00e9roport international du Canada charg\u00e9s de ressortissants des Cara\u00efbes impatients de faire leurs preuves, apportant dans leurs bagages des aspirations de toutes sortes, leur patrimoine, leur culture, une fiert\u00e9 sans bornes et le meilleur d\u2019eux-m\u00eames. C\u2019\u00e9taient des immigrants de la r\u00e9gion complexe des Cara\u00efbes, de descendance britannique, espagnole, fran\u00e7aise ou autre. C\u2019\u00e9taient des personnes au patrimoine colonial mixte, des Cr\u00e9oles, des mul\u00e2tres, des Afro-Carib\u00e9ens ayant la mer comme lien, des personnes r\u00e9silientes ayant lutt\u00e9 contre le colonialisme, pleinement d\u00e9termin\u00e9es \u00e0 survivre, \u00e0 r\u00e9ussir leur vie et \u00e0 jouer un r\u00f4le dans leur nouvelle soci\u00e9t\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pas la premi\u00e8re vague de nouveaux arrivants des Cara\u00efbes au Canada. Cela faisait plusieurs si\u00e8cles que des Noirs natifs des Cara\u00efbes contribuaient \u00e0 la cr\u00e9ation de la communaut\u00e9 noire du Canada. D\u00e8s 1746, environ 600 marrons avaient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s de la Jama\u00efque en Nouvelle-\u00c9cosse. Dans cette province, Maroon Hill t\u00e9moigne toujours de leur arriv\u00e9e malgr\u00e9 les si\u00e8cles qui se sont \u00e9coul\u00e9s depuis. Les mines de la Nouvelle-\u00c9cosse, diverses entreprises de la c\u00f4te est et de modestes programmes d\u2019immigration ont aussi attir\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre carib\u00e9enne au cours des d\u00e9cennies qui ont suivi. Entre autres, le programme de recrutement de domestiques antillaises qui a eu cours de 1955 \u00e0 1967 a facilit\u00e9 l\u2019immigration de femmes de la Jama\u00efque et de la Barbade. Aussi, tous les ans, une centaine de porteurs de wagons-dortoirs se sont install\u00e9s au Canada dans le cadre d\u2019un programme du m\u00eame genre, en provenance des Cara\u00efbes britanniques, au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle.      <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019assouplissement des restrictions f\u00e9d\u00e9rales en mati\u00e8re d\u2019immigration dans les ann\u00e9es 1960 a eu pour effet de stimuler l\u2019immigration en provenance des Cara\u00efbes. La Loi sur l\u2019immigration de 1962 mettait moins l\u2019accent sur la nationalit\u00e9 et l\u2019immigration raciale. Le nouveau syst\u00e8me de points d\u2019appr\u00e9ciation reposait plut\u00f4t sur la scolarisation et les comp\u00e9tences professionnelles, ce qui a permis d\u2019attirer des milliers de ressortissants carib\u00e9ens d\u00e9sireux de faire des \u00e9tudes postsecondaires et d\u2019acqu\u00e9rir des comp\u00e9tences professionnelles. Lorsque la discrimination raciale a cess\u00e9 de faire l\u2019objet des r\u00e8gles d\u2019immigration r\u00e9vis\u00e9es, le Canada a accept\u00e9 plus de 64 000 habitants des Cara\u00efbes de 1960 \u00e0 1971. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019expansion industrielle dans l\u2019Ouest et aux possibilit\u00e9s socio\u00e9conomiques valorisantes, des centaines de nouveaux arrivants ont fait leur chemin dans les villes et les provinces de l\u2019Ouest.     <\/p>\n\n\n\n<p>Ceux qui ont choisi de s\u2019installer \u00e0 Edmonton ont tir\u00e9 le meilleur parti possible de l\u2019environnement. Ils se sont inscrits \u00e0 des cours et programmes universitaires, ont trouv\u00e9 des emplois de domestiques dans les maisons de gens bien nantis et ont fr\u00e9quent\u00e9 l\u2019\u00e9cole technique de NAIT. Certains poss\u00e9daient d\u00e9j\u00e0 des comp\u00e9tences techniques \u00e0 leur arriv\u00e9e parce qu\u2019ils venaient d\u2019\u00eeles productrices de produits p\u00e9trochimiques, ce qui leur a permis de se trouver un emploi dans leur domaine de pr\u00e9dilection.  <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"740\" height=\"778\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6724\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963.jpg 740w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963-285x300.jpg 285w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963-107x112.jpg 107w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963-214x225.jpg 214w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963-428x450.jpg 428w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-September-27-1963-571x600.jpg 571w\" sizes=\"auto, (max-width: 740px) 100vw, 740px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>The Gateway, le 27 septembre 1963. Consult\u00e9 par l\u2019\u00e9quipe d\u2019ECAMP via la collection Peel de journaux des provinces des prairies de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta.  <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Les nouveaux arrivants se sont install\u00e9s dans des logements pour \u00e9tudiants sur les campus d\u2019Edmonton ou dans des logements communautaires dans des quartiers comme ceux de Mill Woods, de Londonderry ou d\u2019autres secteurs \u00e0 faible revenu d\u2019Edmonton. Certains ont affirm\u00e9 avoir v\u00e9cu de mauvaises exp\u00e9riences en se cherchant un logement, surpris de constater que, malgr\u00e9 les opinions positives de leur nouvelle communaut\u00e9, il y avait tout de m\u00eame des ressentiments racistes. <em>The Gateway<\/em> avait publi\u00e9 un article intitul\u00e9 \u00ab The Color Question \u00bb <strong>dans<\/strong> lequel il affirmait qu\u2019au courant de la semaine pr\u00e9c\u00e9dente, un \u00e9tudiant de cette universit\u00e9 s\u2019\u00e9tait vu refuser la location d\u2019une chambre \u00e0 louer. La raison \u00e9tait plut\u00f4t \u00e9vidente : Francis Sam avait une peau de couleur. Cela l\u2019avait surpris et profond\u00e9ment bless\u00e9<sup>[1]<\/sup> <\/p>\n\n\n\n<p>Francis Sam ne r\u00e9pondait pas tout \u00e0 fait \u00e0 la description d\u2019un \u00ab locataire convenable \u00bb. Peu apr\u00e8s, on a su que d\u2019autres \u00e9tudiants des Cara\u00efbes dans d\u2019autres villes canadiennes vivaient des exp\u00e9riences semblables sur le plan du logement, de l\u2019\u00e9ducation et de l\u2019emploi. Certains ont m\u00eame d\u00e9pos\u00e9 des plaintes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des droits de la personne, pour motifs de discrimination. Le racisme institutionnel \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre mort! Cela dit, ils \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 r\u00e9ussir malgr\u00e9 les obstacles que leur imposait la soci\u00e9t\u00e9.    <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"897\" height=\"595\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6726\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962.jpg 897w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962-300x199.jpg 300w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962-768x509.jpg 768w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962-150x99.jpg 150w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962-600x398.jpg 600w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/The-Gateway-October-2-1962-800x531.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 897px) 100vw, 897px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>The Gateway, le 2 octobre 1962. Consult\u00e9 par l\u2019\u00e9quipe d\u2019ECAMP via la collection Peel de journaux des provinces des prairies de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta.  <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, des ressortissants cara\u00efb\u00e9ens vivant temporairement en Angleterre organisaient leur propre arriv\u00e9e au Canada. Environ 550 000 sujets britanno-carib\u00e9ens ayant migr\u00e9 au Royaume-Uni de 1948 \u00e0 1973 n\u2019avaient pas r\u00e9ussi \u00e0 obtenir leur statut de r\u00e9sident. Ces personnes, d\u00e9nomm\u00e9es les gens du Windrush, avaient trouv\u00e9 leur exp\u00e9rience de racisme extr\u00eame et l\u2019absence de droits de la personne fondamentaux, d\u2019emploi, de logement et d\u2019isolement intol\u00e9rable, voire insupportable. Les membres de cette communaut\u00e9, d\u00e9\u00e7us de leur exp\u00e9rience au Royaume-Uni, s\u2019\u00e9taient tourn\u00e9s vers le Canada, grand nombre d\u2019entre eux s\u2019\u00e9tant \u00e9tabli \u00e0 Edmonton.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils se sont cherch\u00e9 un emploi dans leurs domaines respectifs, ont travaill\u00e9 dans le secteur public, fait des \u00e9tudes plus pouss\u00e9es ou ont ouvert de petits commerces. Beryl Stelmach, infirmi\u00e8re form\u00e9e en Angleterre, s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9 un emploi \u00e0 un h\u00f4pital f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 Edmonton; Delores Barker a ouvert un salon de coiffure pour les Noirs sur l\u2019avenue Whyte; Brian Alleyne, \u00e9pid\u00e9miologiste form\u00e9 en Angleterre, a poursuivi ses \u00e9tudes. Des salons de barbier, des pharmacies, des restaurants et d\u2019autres petits commerces ont commenc\u00e9 \u00e0 voir le jour un peu partout en ville, au sein de communaut\u00e9s ethniques, afin de r\u00e9pondre aux besoins de la collectivit\u00e9 carib\u00e9enne en pleine croissance.  <\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux vagues de migration \u00e0 Edmonton ont constitu\u00e9 les tout d\u00e9buts de la population carib\u00e9enne venant tant des Cara\u00efbes que de l\u2019Angleterre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tudiants des Cara\u00efbes avaient la chance de r\u00e9sider dans une r\u00e9sidence universitaire exclusivement r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 eux sur le campus principal de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta, un b\u00e2timent actuellement connu sous le nom de Timms Centre for the Performing Arts. Cette maison de club \u00e9tudiant \u00e9tait surnomm\u00e9e la \u00ab West Indian House \u00bb. La maison \u00e9tait occup\u00e9e par une trentaine d\u2019\u00e9tudiants qui partageaient leur nourriture et d\u2019autres ressources. C\u2019est dans ce lieu de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta que les \u00e9tudiants ont cr\u00e9\u00e9 une pr\u00e9sence carib\u00e9enne et antillaise. Tous les ans, ils organisaient une panoplie d\u2019\u00e9v\u00e9nements carib\u00e9ens, dont la semaine antillaise qui leur permettait de faire conna\u00eetre leur culture et leur histoire. Ils ont \u00e9galement form\u00e9 un orchestre de bidons et d\u2019autres groupes musicaux, comme le Caribbean Express Steelband et les Caribbean Ambassadors. Ils organisaient des \u00e9v\u00e9nements \u00e9ducatifs en classe, des soir\u00e9es de cin\u00e9ma, des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, des danses de limbo et des combats au b\u00e2ton. Ils avaient nou\u00e9 des liens avec des communaut\u00e9s carib\u00e9ennes hors campus dans le but de cr\u00e9er des groupes musicaux antillais, comme les Tropical Playboys, l\u2019Harmonites Steelband et autres.     <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"608\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover-.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6725\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover-.jpg 600w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover--296x300.jpg 296w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover--111x112.jpg 111w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover--222x225.jpg 222w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover--444x450.jpg 444w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/httpswww.discogs.comHarmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonitesrelease4388844-Harmonites-International-Steel-Orchestra-Album-Cover--592x600.jpg 592w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em> Harmonites International Steel Orchestra, 1981. Pochette de disque. Consult\u00e9 \u00e0 at www.discogs.com:Harmonites-International-Steel-Orchestra-Men-In-Harmonites:release:4388844.  <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Selwyn Jacob, \u00e9minent producteur ex\u00e9cutif de l\u2019Office national du film, faisait partie de cette communaut\u00e9 carib\u00e9enne naissante et r\u00e9sidait \u00e0 la West Indian House, qui faisait office de lieu communautaire. Dans le cadre d\u2019une entrevue r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Edmonton en 2007, Selwyn Jacob racontait ses souvenirs :  <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Quand je suis venu ici, il y avait une maison qu\u2019on appelait la West Indian House o\u00f9 logeaient des \u00e9tudiants de St. Vincent, de la Jama\u00efque, de la Grenade, de Guyana et de Trinit\u00e9. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019on vivait. C\u2019\u00e9tait une coop\u00e9rative dans le sens qu\u2019on achetait l\u2019\u00e9picerie ensemble et qu\u2019une personne avait la responsabilit\u00e9 de cuisiner une journ\u00e9e par semaine. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait le carrefour de la culture antillaise parce qu\u2019il n\u2019existait pas de communaut\u00e9 structur\u00e9e. Donc, les personnes qui immigraient ici ou qui visitaient la r\u00e9gion dans ce temps-l\u00e0 venaient faire un tour \u00e0 la West Indian House. Sur le campus, on c\u00e9l\u00e9brait ce qu\u2019on appelait la semaine antillaise dans le cadre de laquelle on allait dans les classes b\u00e9n\u00e9volement pour pr\u00e9senter la culture antillaise aux \u00e9tudiants. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9tais int\u00e9ress\u00e9 par les arts et je pr\u00e9parais des spectacles. On organisait une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et des occasions d\u2019expression culturelle, on approchait les postes de radio et la CBC pour passer des entrevues et ainsi de suite. La West Indian House au 11126 87<sup>e<\/sup> Avenue \u00e9tait le pr\u00e9curseur d\u2019une vraie communaut\u00e9 antillaise. Je n\u2019ai jamais oubli\u00e9 l\u2019adresse. \u2026Pour ceux et celles qui voulaient faire la f\u00eate pendant qu\u2019ils allaient \u00e0 l\u2019universit\u00e9, surtout l\u2019hiver quand c\u2019\u00e9tait difficile, c\u2019\u00e9tait un lieu de rassemblement. C\u2019\u00e9tait notre centre communautaire\u2026 \u2026 une fa\u00e7on de nous cr\u00e9er une identit\u00e9 culturelle\u2026 pour [montrer] aux Canadiens en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 quoi ressemblait la culture des Cara\u00efbes\u2026 \u2026 d\u2019une certaine mani\u00e8re, on se consid\u00e9rait comme des pionniers<sup>[2]<\/sup>. \u00bb Ces nouveaux Canadiens travaillaient dur et \u00e9taient impatients de contribuer \u00e0 la formation de leur nouvelle soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"716\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-1024x716.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6642\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-1024x716.jpg 1024w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-300x210.jpg 300w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-768x537.jpg 768w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-1536x1074.jpg 1536w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-150x105.jpg 150w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-600x419.jpg 600w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-800x559.jpg 800w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-1145x800.jpg 1145w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM.jpg 1558w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>\u00c9chantillon d\u2019\u00e9v\u00e9nements de la West Indian Society sur le campus de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta, 1962-1970. Image fournie par l\u2019auteure. <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Selwyn Jacob et la West Indian Society ont \u00e9galement produit 24 segments d\u2019un programme t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 intitul\u00e9 <em>Caribbean Perspective<\/em> mettant en vedette les talents des Cara\u00efbes sur les campus universitaires et visitant des dignitaires carib\u00e9ens de la r\u00e9gion et des repr\u00e9sentants du mouvement afro-am\u00e9ricain \u00ab Black Power \u00bb en pleine croissance. Form\u00e9 \u00e0 Edmonton, Selwyn Jacob, qui se taillait une profession dans l\u2019industrie du film, a fini par r\u00e9aliser plus d\u2019une trentaine de documentaires pour l\u2019Office national du film, ce qui lui a valu plusieurs prix nationaux pour son apport \u00e0 l\u2019industrie. <\/p>\n\n\n\n<p>Au sein des nouvelles communaut\u00e9s carib\u00e9ennes des environs de Montr\u00e9al, vers la fin des ann\u00e9es 1960, les \u00e9tudiants carib\u00e9ens de l\u2019Universit\u00e9 Sir George Williams (maintenant l\u2019Universit\u00e9 Concordia) luttaient sans cesse contre la discrimination bas\u00e9e sur les notes et l\u2019\u00e9chec scolaire. Les \u00e9tudiants des Cara\u00efbes qui avaient quitt\u00e9 leurs \u00eeles tropicales pour faire leurs \u00e9tudes postsecondaires au Canada faisaient encore une fois face aux r\u00e9alit\u00e9s du racisme institutionnel. Au d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les \u00e9tudiants carib\u00e9ens du programme de m\u00e9decine de l\u2019Universit\u00e9 Queen\u2019s ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s sans avertissement pour des motifs raciaux, les patients ne voulant pas se faire traiter par des m\u00e9decins noirs. En 2018, l\u2019Universit\u00e9 Queen\u2019s a pr\u00e9sent\u00e9 des excuses publiques pour le geste qu\u2019elle avait pos\u00e9 cent ans plus t\u00f4t. Les manifestations des \u00e9tudiants de Montr\u00e9al ont dur\u00e9 pendant plusieurs semaines et ont permis de comprendre \u00e0 quel point le racisme \u00e9tait enracin\u00e9 dans l\u2019enseignement sup\u00e9rieur. Au bout du compte, grand nombre de ces \u00e9tudiants ont fini leurs \u00e9tudes en m\u00e9decine ailleurs, notamment \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta, ou encore, ils se sont dirig\u00e9s vers d\u2019autres professions.     <\/p>\n\n\n\n<p>Alors que les Canadiens en provenance des Cara\u00efbes laissaient leur marque dans d\u2019autres coins du Canada, la communaut\u00e9 carib\u00e9enne nouvellement constitu\u00e9e \u00e0 Edmonton avait adopt\u00e9 une grande ouverture d\u2019esprit afin d\u2019\u00e9tablir sa pr\u00e9sence dans les domaines de l\u2019\u00e9ducation, de la politique, du sport, de la culture et de l\u2019industrie. On leur doit les r\u00e9alisations de l\u2019oncologue de renom, le Dr Anthony Fields; du cin\u00e9aste, pr\u00e9sentateur, \u00e9crivain et commissaire aux droits de l\u2019homme, Fil Fraser, PhD; du chirurgien cardiologue, le Dr Kevin Bainey; d\u2019un ensemble de professeurs de calibre international comme le professeur Whitfield Andy Knight; du joueur de hockey des Oilers d\u2019Edmonton, Darnell Nurse et ses parents; de soci\u00e9t\u00e9s industrielles comme Trinidad Drilling; de nombreux entrepreneurs ind\u00e9pendants qui desservent le secteur p\u00e9trochimique; de soci\u00e9t\u00e9s de biens immobiliers et de multiples franchises et restaurants de calibre international.  <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-jetpack-tiled-gallery aligncenter is-style-rectangular\"><div class=\"\"><div class=\"tiled-gallery__gallery\"><div class=\"tiled-gallery__row\"><div class=\"tiled-gallery__col\" style=\"flex-basis:31.78318306696688%\"><figure class=\"tiled-gallery__item\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" data-height=\"480\" data-id=\"6733\" data-link=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fil-fraser-4\/\" data-url=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Fil-Fraser-4.jpg\" data-width=\"319\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Fil-Fraser-4.jpg?ssl=1\" data-amp-layout=\"responsive\" tabindex=\"0\" role=\"button\" aria-label=\"Open image 1 of 3 in full-screen\"\/><\/figure><\/div><div class=\"tiled-gallery__col\" style=\"flex-basis:35.85729594651973%\"><figure class=\"tiled-gallery__item\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" data-height=\"2560\" data-id=\"6732\" data-link=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/dr-anthony-fields\/\" data-url=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Dr.-Anthony-Fields-scaled.jpg\" data-width=\"1920\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Dr.-Anthony-Fields-scaled.jpg?ssl=1\" data-amp-layout=\"responsive\" tabindex=\"0\" role=\"button\" aria-label=\"Open image 2 of 3 in full-screen\"\/><\/figure><\/div><div class=\"tiled-gallery__col\" style=\"flex-basis:32.35952098651339%\"><figure class=\"tiled-gallery__item\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" data-height=\"300\" data-id=\"6723\" data-link=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/ninth-floor-film-producer_selwyn-jacob-docx-203x300\/\" data-url=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Ninth-Floor-film-producer_Selwyn-Jacob.docx-203x300-1.jpg\" data-width=\"203\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Ninth-Floor-film-producer_Selwyn-Jacob.docx-203x300-1.jpg?ssl=1\" data-amp-layout=\"responsive\" tabindex=\"0\" role=\"button\" aria-label=\"Open image 3 of 3 in full-screen\"\/><\/figure><\/div><\/div><\/div><\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><em>De g. \u00e0 dr. : Fil Fraser, PhD. Image consult\u00e9e \u00e0 https:\/\/news.athabascau.ca\/announcements\/remembering-fil-fraser-arts-icon-au-prof\/. Dr Anthony Fields. Image consult\u00e9e \u00e0 https:\/\/www.ualberta.ca\/oncology\/about-us\/index.html. Selwyn Jacob. Image consult\u00e9e \u00e0 https:\/\/www.chf.bc.ca\/event\/ninth-floor-a-conversation-with-selwyn-jacob\/.   <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La communaut\u00e9 noire d\u2019Edmonton a fait un apport consid\u00e9rable aux arts et \u00e0 la culture. Son festival Cariwest, un festival bien connu mettant en vedette les arts des Cara\u00efbes, en est \u00e0 sa trente-septi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019existence. Les rythmes et la culture de la r\u00e9gion carib\u00e9enne sont souvent mis en vedette et popularis\u00e9s \u00e0 Edmonton. Plusieurs organismes communautaires ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans le but de favoriser le d\u00e9veloppement de la communaut\u00e9. Le Council of Canadians of African and Caribbean Heritage (CCACH) est l\u2019un des piliers de la r\u00e9ussite scolaire, tandis que des organismes vou\u00e9s \u00e0 la femme, comme le Congress of Black Women et le Caribbean Women Network favorisent la formation et le perfectionnement des femmes. Et de nos jours, d\u2019autres projets et organismes ayant vu le jour gr\u00e2ce \u00e0 des jeunes de souche carib\u00e9enne continuent d\u2019encourager de telles r\u00e9alisations. Le flambeau a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9.     <\/p>\n\n\n\n<p>Donna Coombs-Montrose <em>\u00a9<\/em> 2021<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>https:\/\/socialistproject.ca\/2019\/01\/fifty-years-ago-birth-of-black-power-in-canada\/<\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"https:\/\/medium.com\/ualberta2017\/black-history-is-canadian-history-41975830d965\">https:\/\/medium.com\/ualberta2017\/black-history-is-canadian-history-41975830d965<\/a><\/li>\n\n\n\n<li>Fraser, Fil. How the Blacks created Canada. Dragon Hill Publishing, 2009.  <\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><sup>[1]<\/sup> <em>The Gateway,<\/em> le 27 septembre 1963, page 4.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[2]<\/sup> http:\/\/albertalabourhistory.org\/selwyn-jacob\/.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des avions atterrissaient \u00e0 un a\u00e9roport international du Canada charg\u00e9s de ressortissants des Cara\u00efbes impatients de faire leurs preuves, apportant&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16546,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"7559,9654,5853,6218,2245,5811","_relevanssi_noindex_reason":"","ghostkit_customizer_options":"","ghostkit_custom_css":"","ghostkit_custom_js_head":"","ghostkit_custom_js_foot":"","ghostkit_typography":"","footnotes":""},"categories":[1446,1457],"tags":[],"coauthors":[1465],"class_list":["post-18145","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-categorise","category-people-2"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Screen-Shot-2021-03-31-at-3.22.37-PM-1.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18145"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18145\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18268,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18145\/revisions\/18268"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16546"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18145"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=18145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}