{"id":18142,"date":"2021-02-09T16:44:07","date_gmt":"2021-02-09T23:44:07","guid":{"rendered":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/?p=18142"},"modified":"2025-05-05T14:54:54","modified_gmt":"2025-05-05T20:54:54","slug":"louest-des-noirs-les-hommes-libres-de-loklahoma-cherchent-refuge-en-alberta-partie-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/2021\/02\/09\/louest-des-noirs-les-hommes-libres-de-loklahoma-cherchent-refuge-en-alberta-partie-1\/","title":{"rendered":"L\u2019Ouest des Noirs : les hommes libres de l\u2019Oklahoma cherchent refuge en Alberta, partie 1"},"content":{"rendered":"\n<p>La publicit\u00e9 annon\u00e7ant les meilleures terres nouvelles de l\u2019Ouest, un front ouvert \u00e0 tous les pionniers, fait d\u00e9sormais partie de la mythologie nationale du Canada. \u00c0 l\u2019instar de nombreux mythes, l\u2019imagerie ne correspond pas toujours \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 historique. Nous savons que les politiques canadiennes en mati\u00e8re d\u2019immigration favorisaient explicitement les colons britanniques de race blanche et que le gouvernement cherchait \u00e0 interdire les gens de race noire. Alors, comment expliquer cette annonce pour le moins inusit\u00e9e?    <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"443\" height=\"828\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6098\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911.jpg 443w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911-161x300.jpg 161w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911-60x112.jpg 60w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911-120x225.jpg 120w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911-241x450.jpg 241w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911-321x600.jpg 321w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Boley-Progress-Feb-11-1911-428x800.jpg 428w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Annonce publi\u00e9e dans le Boley Progress, le 11 f\u00e9vrier 1911.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cette annonce a paru dans un journal de Boley, en Oklahoma, le 11 f\u00e9vrier 1911. Pendant des ann\u00e9es, le <em>Boley Progress<\/em> a publi\u00e9 de glorieuses histoires sur les bonnes fortunes des producteurs de bl\u00e9 et des producteurs laitiers des prairies canadiennes. \u00c0 cette \u00e9poque, de telles annonces paraissaient dans les journaux am\u00e9ricains, mais celles du <em>Boley Progress<\/em> \u00e9taient diff\u00e9rentes parce que les lecteurs de ce journal \u00e9taient exclusivement noirs, dans un village que Booker T. Washington avait d\u00e9crit comme \u00ab le village de n\u00e8gres le plus entreprenant\u2026 des \u00c9tats-Unis<sup>[1]<\/sup>. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res annonces faisant la promotion de l\u2019immigration canadienne publi\u00e9es dans le <em>Boley Progress<\/em> remontent \u00e0 1908. Des annonces de ce genre ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es pendant pr\u00e8s de quatre ans. Dans ce temps-l\u00e0, ses lecteurs auraient \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement r\u00e9ceptifs \u00e0 l\u2019id\u00e9e que l\u2019Alberta et la Saskatchewan \u00e9taient dot\u00e9es \u00ab de sol adaptable, d\u2019un climat sant\u00e9 et de splendides \u00e9coles \u00bb <sup>[2]<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Le <em>Boley Progress<\/em> n\u2019\u00e9tait pas une aberration. En Oklahoma, il y avait des dizaines de journaux appartenant \u00e0 des Noirs, journaux destin\u00e9s aux villages exclusivement noirs. Les villes de Tulsa et d\u2019Oklahoma n\u2019\u00e9chappaient pas \u00e0 cette r\u00e8gle. Le <em>Tulsa Star<\/em>, publi\u00e9 \u00e0 partir de \u00ab Black Wall Street \u00bb, a fait para\u00eetre un article sur les excellents rendements des r\u00e9coltes en Alberta. Selon une certaine source, quiconque faisait l\u2019acquisition d\u2019une terre en Alberta trouverait qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une province id\u00e9ale. Comme l\u2019ont fait remarquer certains chercheurs, le \u00ab journalisme \u00bb de ces articles et les images transmises dans le cadre de la campagne sur les meilleures terres nouvelles de l\u2019Ouest relevaient tous d\u2019un effort concert\u00e9 visant \u00e0 faire venir des immigrants blancs et \u00e0 repousser les Autochtones dans les r\u00e9serves. <sup>[3]<\/sup><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"534\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-1024x534.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6113\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-1024x534.jpeg 1024w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-300x157.jpeg 300w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-768x401.jpeg 768w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-1536x802.jpeg 1536w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-2048x1069.jpeg 2048w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-150x78.jpeg 150w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-600x313.jpeg 600w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-800x417.jpeg 800w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-1200x626.jpeg 1200w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/B0CE2FF3-4464-4441-B244-FC06123FB087_1_201_a-1600x835.jpeg 1600w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>La ville de Boley, en Oklahoma, conna\u00eet des temps difficiles, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait une petite ville prosp\u00e8re uniquement occup\u00e9e par des Noirs. Photo de Russell Cobb. <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans un revirement ironique, de nombreux Noirs ayant r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019installer dans les prairies \u00e9taient non seulement de descendance africaine, mais aussi des citoyens de nations autochtones<sup>[4]<\/sup>. En partie, ce qui attirait les Noirs de l\u2019Oklahoma dans l\u2019Ouest canadien, c\u2019\u00e9tait le fait que cette r\u00e9gion \u00e9tait principalement peupl\u00e9e par des Autochtones. Dans sa th\u00e8se sur le peuplement d\u2019Amber Valley, Jimmy Robert Melton a d\u00e9clar\u00e9 que ce qui attirait les gens dans cette r\u00e9gion, c\u2019\u00e9tait le fait qu\u2019il y avait des Indiens et non pas des Blancs<sup>[5]<\/sup>. Toujours selon cet auteur, environ le tiers des immigrants noirs \u00e9tait compos\u00e9 soit de citoyens des Nations Creek ou S\u00e9minole, soit de personnes apparent\u00e9es \u00e0 ces nations<sup>[6]<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Bref, le gouvernement du Canada a vendu l\u2019id\u00e9e d\u2019un peuplement aux peuples autochtones d\u2019origine noire et autochtone de l\u2019Oklahoma tout en agissant de sorte \u00e0 d\u00e9poss\u00e9der les peuples autochtones de leurs terres natales. Ce sc\u00e9nario des plus \u00e9tranges \u00e9tait attribuable aux gestes et aux id\u00e9ologies d\u2019un seul homme : Frank Oliver. Savait-il ce qu\u2019il faisait?   <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"541\" height=\"720\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6096\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45.jpg 541w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45-225x300.jpg 225w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45-84x112.jpg 84w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45-169x225.jpg 169w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45-338x450.jpg 338w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/EA-10-689-45-451x600.jpg 451w\" sizes=\"auto, (max-width: 541px) 100vw, 541px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Frank Oliver, 1880. Image gracieuset\u00e9 des archives de la Ville d\u2019Edmonton, EA-10-689-45. <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019aborder le sujet de Frank Oliver et de l\u2019arriv\u00e9e des pionniers noirs \u00e0 Edmonton, retournons \u00e0 l\u2019Oklahoma de la fin du 19e si\u00e8cle. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, cet \u00c9tat \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un territoire indien et les \u00ab cinq tribus \u00bb de l\u2019endroit avaient r\u00e9ussi \u00e0 conserver leur statut de nations souveraines dans la moiti\u00e9 de l\u2019\u00c9tat situ\u00e9e \u00e0 l\u2019est. Ces nations (Cherokee, Muscogee (Creek), Choctaw, Chickasaw et S\u00e9minole) s\u2019\u00e9taient vu attribuer le titre de \u00ab cinq tribus civilis\u00e9es \u00bb par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral des \u00c9tats-Unis. Elles avaient m\u00e9rit\u00e9 ce titre parce qu\u2019elles pratiquaient l\u2019agriculture, ayant m\u00eame adopt\u00e9 de nombreuses m\u00e9thodes des colons blancs. La plus controvers\u00e9e de ces m\u00e9thodes \u00e9tait celle de l\u2019esclavage-propri\u00e9t\u00e9 et lorsque les cinq tribus ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9es des terres du Sud-Am\u00e9ricain, environ une personne de ces nations sur trois \u00e9tait de descendance africaine.     <\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 leurs confr\u00e8res des \u00c9tats-Unis, les Africains asservis en territoire indien se sont m\u00e9lang\u00e9s aux membres des tribus, forgeant ainsi des liens de parent\u00e9 gr\u00e2ce auxquels certains Noirs s\u2019int\u00e9graient aux clans autochtones et occupaient des postes importants au sein des cinq tribus<sup>[7]<\/sup>. Certains citoyens riches des tribus ont achet\u00e9 des Africains asservis aupr\u00e8s de commer\u00e7ants blancs, tandis que d\u2019autres Africains asservis se sont r\u00e9fugi\u00e9s dans les nations autochtones. En particulier, les S\u00e9minoles ont souvent servi de refuge aux esclaves de la Floride en cavale. Le nom \u00ab S\u00e9minole \u00bb d\u00e9coulerait peut-\u00eatre du mot espagnol <em>cimarr\u00f3n<\/em>, signifiant \u00ab esclave en fuite \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la guerre de S\u00e9cession, de nombreux citoyens multiraciaux des cinq tribus ont jou\u00e9 des r\u00f4les importants au gouvernement. Certains sont devenus juges ou chefs tandis que d\u2019autres sont devenus agriculteurs. Les Noirs ont \u00e9galement occup\u00e9 des postes importants en tant qu\u2019interpr\u00e8tes et traducteurs parce qu\u2019il leur arrivait souvent de parler plus d\u2019une langue, dont le creek, le cherokee, l\u2019anglais, le fran\u00e7ais et l\u2019espagnol. Une photo de la cour supr\u00eame de la Nation Creek prise apr\u00e8s la guerre de S\u00e9cession t\u00e9moigne du degr\u00e9 de m\u00e9lange de races dans cette nation, un de ses membres, le juge Silas Jefferson, \u00e9tant nettement de descendance africaine.    <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"847\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/1024px-Creeks_in_Oklahoma.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6092\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Leaders de la Nation Muscogee (Creek) en 1877. Silas Jefferson se trouve \u00e0 droite. Image des archives anthropologiques du Smithsonian Institution, n\u00e9gatif no1164-B.  <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral des \u00c9tats-Unis voulait punir les cinq tribus parce qu\u2019elles s\u2019\u00e9taient alli\u00e9es \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration durant la guerre de S\u00e9cession. En r\u00e9alit\u00e9 cependant, en territoire indien, une guerre civile se tramait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la guerre de S\u00e9cession, si bien que la question de l\u2019esclavage \u00e9tait autant fortement contest\u00e9e en territoire indien qu\u2019ailleurs aux \u00c9tats-Unis.  <\/p>\n\n\n\n<p>Vers la fin du 19e si\u00e8cle, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a liquid\u00e9 l\u2019assise territoriale des tribus. En \u00e9change, elle a accord\u00e9 \u00e0 chaque citoyen des tribus un quart de section de terre. \u00c0 l\u2019exception notable des Chickasaw, les cinq tribus ont attribu\u00e9 la citoyennet\u00e9 \u00e0 leurs anciens esclaves et \u00e0 leurs descendants. Il en est r\u00e9sult\u00e9 une trag\u00e9die sur le plan de la souverainet\u00e9 autochtone en plus d\u2019une situation unique \u00e0 l\u2019\u00e8re du racisme de Jim Crow. Bien que les anciens esclaves des \u00c9tats n\u2019aient jamais re\u00e7u leurs \u00ab 40 acres et une mule \u00bb en guise de r\u00e9paration d\u00e9coulant de l\u2019esclavage, cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas sur le territoire indien, o\u00f9 les anciens esclaves poss\u00e9daient soudainement 160 acres de terre arable, dont grand nombre d\u2019entre elles recelaient des gisements de p\u00e9trole.    <\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes libres ayant pris possession de terres ont exploit\u00e9 des fermes prosp\u00e8res et parsem\u00e9 le territoire de petites villes florissantes occup\u00e9es uniquement par des Noirs. Avant que le territoire re\u00e7oive le titre d\u2019\u00c9tat en 1907, 50 petites villes noires ont vu le jour dans la r\u00e9gion<sup>[8]<\/sup>. C\u2019est exactement \u00e0 ce moment-l\u00e0 que des noms qui sont devenus c\u00e9l\u00e8bres plus tard dans la communaut\u00e9 noire d\u2019Edmonton \u2014 notamment Melton, Mayes, Bowen et Lipscombe \u2014 ont commenc\u00e9 \u00e0 faire leur apparition en territoire indien. Pour ces personnes, le territoire indien \u00e9tait la terre promise, mais ce n\u2019est pas sans une opposition rigoureuse qu\u2019elles ont obtenu des terres. Le conflit initial s\u2019est profil\u00e9 entre les hommes libres et les \u00ab \u00c9tats noirs \u00bb dans le Sud. Les hommes libres \u00e9taient visiblement noirs, mais sur le plan culturel, ils chantaient des hymnes autochtones, cuisinaient de la nourriture autochtone, parlaient des langues autochtones et avaient des noms autochtones (Silas Jefferson \u00e9tait souvent d\u00e9sign\u00e9 sous le nom Ho-tul-ko-micco, \u00ab micco \u00bb \u00e9tant un titre semblable \u00e0 celui d\u2019\u00ab a\u00een\u00e9 \u00bb). Revenons maintenant \u00e0 Boley. Cette ville enti\u00e8rement occup\u00e9e par des Noirs comptait deux coll\u00e8ges, soit un li\u00e9 aux Nations S\u00e9minole et Creek, et l\u2019autre affili\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9glise \u00e9piscopale m\u00e9thodiste africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, lorsque l\u2019Oklahoma s\u2019est vu conf\u00e9rer le titre d\u2019\u00c9tat, toutes les personnes de descendance africaine ont \u00e9t\u00e9 victimis\u00e9es par un gouvernement tout aussi raciste que ceux du Grand Sud. Le premier geste du S\u00e9nat de l\u2019Oklahoma a pris la forme d\u2019une loi d\u00e9nommant toute personne poss\u00e9dant au moins une goutte de sang africain de \u00ab n\u00e8gre \u00bb et assujettissant tous les hommes libres et les \u00ab Noirs de l\u2019\u00c9tat \u00bb \u00e0 la m\u00eame discrimination. Certains Noirs \u00e0 la peau plus claire ont trouv\u00e9 la vie plus facile s\u2019ils pouvaient se faire passer pour des \u00ab Indiens \u00bb, bien que cette cat\u00e9gorie \u00e9tait aussi probl\u00e9matique. <sup>[9]<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Certains des pires actes de violence raciale de l\u2019histoire des \u00c9tats-Unis se sont produits dans l\u2019\u00c9tat de l\u2019Oklahoma, notamment le c\u00e9l\u00e8bre massacre racial de Tulsa en 1921. Lynchages, \u00e9meutes et spoliations de terres \u00e9taient monnaie courante. La d\u00e9couverte de p\u00e9trole sur les lotissements d\u2019hommes libres a rendu la situation tr\u00e8s pr\u00e9caire. Sarah Rector, citoyenne creek et la \u00ab fille noire la plus riche de l\u2019Am\u00e9rique \u00bb a d\u00fb \u00eatre retir\u00e9e de l\u2019Oklahoma par les hommes de Booker T. Washington face \u00e0 une menace d\u2019enl\u00e8vement.    <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"499\" height=\"685\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6095\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium.jpg 499w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium-219x300.jpg 219w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium-82x112.jpg 82w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium-164x225.jpg 164w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium-328x450.jpg 328w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/p15138coll24_114_medium-437x600.jpg 437w\" sizes=\"auto, (max-width: 499px) 100vw, 499px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Buck Colbert Franklin \u00e9tait avocat et homme libre de Choctaw. Il a lutt\u00e9 contre le racisme violent des d\u00e9buts de l\u2019Oklahoma au tribunal. Il \u00e9tait de la petite ville de Rentiesville enti\u00e8rement occup\u00e9e par des Noirs, en Oklahoma. Image des archives virtuelles du Tennessee, accession no 2013-037.   <\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Frank Oliver, promoteur d\u2019Edmonton ayant agi \u00e0 titre de ministre de l\u2019Int\u00e9rieur (1905-1911) \u00e9tait scandalis\u00e9 du fait que son plan consistant \u00e0 recruter des agriculteurs blancs des prairies du Mid West \u00e9tait adopt\u00e9 par des Noirs, dont certains de descendance autochtone mixte, de l\u2019Oklahoma. Frank Oliver faisait face \u00e0 un probl\u00e8me que toute personne qui conna\u00eet bien les particularit\u00e9s du racisme au Canada comprendra bien : il voulait supprimer la migration noire sans exprimer son racisme en termes explicites. Il ne voulait pas perturber les relations avec les \u00c9tats-Unis, sans compter que le Canada avait une image \u00e0 prot\u00e9ger, soit celle d\u2019un pays grand ouvert ayant historiquement servi de refuge aux Noirs.   <\/p>\n\n\n\n<p>Pour revenir \u00e0 notre question : Savait-il ce qu\u2019il faisait? Les repr\u00e9sentants du gouvernement s\u2019occupant de la campagne sur les meilleures terres nouvelles de l\u2019Ouest ne comprenaient pas la nature unique de l\u2019Oklahoma, car avant de devenir \u00c9tat, l\u2019Oklahoma avait servi de havre \u00e0 la souverainet\u00e9 des tribus et \u00e0 la libert\u00e9 des Noirs. En devenant \u00c9tat, ces deux choses \u00e9taient devenues impossibles, mais Frank Oliver ainsi que la plupart des Canadiens ne savaient pas du tout que la propagande des prairies serait prise au pied de lettre par les personnes opprim\u00e9es.   <\/p>\n\n\n\n<p>Frank Oliver avait donc d\u00e9cid\u00e9 de retenir les services d\u2019un agent pour faire une enqu\u00eate de cinq jours sur la situation en Oklahoma. Selon cet agent, les Noirs envoyaient des requ\u00eates au gouvernement du Canada dans l\u2019espoir de recevoir une terre gratuite, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019offre en vigueur. Ensuite, Frank Oliver a demand\u00e9 aux repr\u00e9sentants de l\u2019immigration de s\u2019enqu\u00e9rir de la race des auteurs des lettres aupr\u00e8s des ma\u00eetres de poste de l\u2019Oklahoma. Par la suite, il a retenu les services d\u2019un pasteur noir de Chicago pour qu\u2019il fasse la tourn\u00e9e des petites villes de l\u2019Oklahoma occup\u00e9es uniquement par des Noirs afin de leur faire comprendre \u00e0 quel point les conditions de vie \u00e9taient difficiles au Canada<sup>[10]<\/sup>. Cela dit, malgr\u00e9 tous ces efforts, il n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 faire en sorte que les Noirs de l\u2019Oklahoma ne demandent pas d\u2019\u00eatre admis au pays. Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 la fronti\u00e8re \u00e0 Emerson, au Manitoba, leur premier arr\u00eat v\u00e9ritable au Canada \u00e9tait \u00e0 Edmonton.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier grand groupe de pionniers noirs ayant d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Edmonton a pris la forme de neuf wagons de train complets charg\u00e9s de chevaux et de mat\u00e9riel agricole. Une fois arriv\u00e9es \u00e0 Edmonton, 194 personnes, dirig\u00e9es par Henry Sneed, ont attendu que leurs propri\u00e9t\u00e9s familiales rurales soient fin pr\u00eates<sup>[11]<\/sup>. La premi\u00e8re exp\u00e9dition d\u2019Henry Sneed au Canada s\u2019\u00e9tait av\u00e9r\u00e9e fructueuse. Il s\u2019\u00e9tait fait servir dans un saloon assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un homme blanc, une situation absolument impensable en Oklahoma. Maintenant qu\u2019il se trouvait avec un grand groupe de migrants noirs, il s\u2019est rendu compte que l\u2019Alberta n\u2019\u00e9tait pas la \u00ab province id\u00e9ale \u00bb pour les partisans de la libert\u00e9 malgr\u00e9 les annonces du <em>Boley Progress<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Les journalistes \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 saisir le moment de leur arriv\u00e9e dans la nouvelle capitale. L\u2019<em>Edmonton Bulletin<\/em>, qui appartenait \u00e0 Frank Oliver, avait publi\u00e9 une s\u00e9rie de caricatures ouvertement racistes sur les r\u00e9fugi\u00e9s. <sup>[12]<\/sup> M\u00eame pour les normes m\u00e9diatiques courantes chez les Blancs de l\u2019\u00e9poque, les descriptions et les dessins \u00e9taient vilains. Pour sa part, l\u2019<em>Edmonton Journal<\/em> avait adopt\u00e9 une attitude plus tol\u00e9rante. Une \u00e9dition de ce journal du soir avait publi\u00e9 en page frontispice l\u2019histoire d\u2019un gentleman de la Virginie qui avait \u00e9t\u00e9 constern\u00e9 par le racisme des Edmontoniens. Cet homme s\u2019\u00e9tait rendu en Alberta pour voir les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s par les pionniers noirs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1018\" height=\"448\" src=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6106\" srcset=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian.jpg 1018w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian-300x132.jpg 300w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian-768x338.jpg 768w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian-150x66.jpg 150w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian-600x264.jpg 600w, https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/Letter-from-the-Virginian-800x352.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1018px) 100vw, 1018px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Article de l\u2019Edmonton Journal, le 13 mai 1911.<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cet homme, un certain M. avait prof\u00e9r\u00e9 des mots de choix \u00e0 l\u2019intention des lecteurs du <em>Journal<\/em>. \u00ab Si certains des hommes qui viennent jaser dans les rues d\u2019Edmonton, parlant haut et fort de l\u2019importation des n\u00e8gres dans le Nord-Ouest restaient chez eux, avait d\u00e9clar\u00e9 M. Ury, ils pourraient peut-\u00eatre \u00eatre aussi bons que certains desdits n\u00e8gres qu\u2019ils rabaissent. \u00bb <sup>[13]<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Puis il avait ajout\u00e9 que le peuplement noir qu\u2019il avait vu \u00e0 Junkins (plus tard renomm\u00e9 Wildwood) semblait plus prosp\u00e8re, moderne et avanc\u00e9 que ceux de nombreuses petites villes occup\u00e9es par des Blancs ailleurs dans la province. \u00c0 mesure que des familles noires commen\u00e7aient \u00e0 prosp\u00e9rer dans leur nouveau milieu de vie des prairies, des pressions s\u2019exer\u00e7aient dans les villes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des nouveaux arrivants noirs.  <\/p>\n\n\n\n<p>Frank Oliver n\u2019avait jamais eu comme objectif d\u2019annoncer les terres canadiennes aux Afro-Am\u00e9ricains, mais ces nouveaux arrivants \u00e9taient l\u00e0 pour de bon. M\u00eame si le gentleman de la Virginie avait mis l\u2019accent sur leur r\u00e9silience, Frank Oliver s\u2019est fait un devoir de rendre mis\u00e9rables les Noirs d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablis ici et de claquer la porte \u00e0 ceux qui \u00e9taient tent\u00e9s de leur embo\u00eeter le pas.  <\/p>\n\n\n\n<p>Russell Cobb, PhD \u00a9 2021<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong><a href=\"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/2021\/02\/09\/louest-des-noirs-les-hommes-libres-de-loklahoma-cherchent-refuge-en-alberta-partie-2\/\">Lire L\u2019Ouest des Noirs : les hommes libres de l\u2019Oklahoma cherchent refuge en Alberta, partie 2. <\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>[1] Larry O\u2019Dell, \u00ab Boley \u00bb,<em> The Encyclopedia of Oklahoma History and Culture<\/em>, https:\/\/www.okhistory.org\/publications\/enc\/entry.php?entry=BO008.<\/p>\n\n\n\n<p>[2] \u00ab Why Rent a Farm. Become Rich \u00bb,<em> The Weekly Progress<\/em>, le 2 f\u00e9vrier 1911.<\/p>\n\n\n\n<p>[3] Voir, par exemple, Daniel Francis, <em>National Dreams: Myth, Memory, and Canadian History<\/em> (Arsenal Pulp Press, 1997).<\/p>\n\n\n\n<p>[4] Voir Harold Martin Troper, \u00ab The Creek-Negroes of Oklahoma and Canadian Immigration, 1909\u201311 \u00bb. <em>The Canadian Historical Review<\/em>, vol. 53, no 3 (1972): 272-288.<a href=\"https:\/\/muse.jhu.edu\/article\/570441\"> muse.jhu.edu\/article\/570441<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>[5] Voir Jimmy Robert Melton, \u00ab Amber Valley: A black enclave in northern Alberta, Canada \u00bb (1994). Projet de num\u00e9risation des m\u00e9moires et th\u00e8ses. <a href=\"https:\/\/scholarworks.lib.csusb.edu\/etd-project\/940\">https:\/\/scholarworks.lib.csusb.edu\/etd-project\/940<\/a>, 31.<\/p>\n\n\n\n<p>[6] La question de l\u2019autochtonit\u00e9 chez les pionniers noirs fait l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat houleux et devrait faire l\u2019objet de recherches plus pouss\u00e9es. Pour des raisons \u00e9videntes, de nombreux nouveaux arrivants au Canada pourraient avoir choisi de dissimuler leurs affiliations tribales. Cependant, Jimmy Robert Melton atteste de relations cordiales entre les Cris des plaines et les pionniers noirs.<\/p>\n\n\n\n<p>[7] Voir Kevin Mulroy, <em>The Seminole Freedmen<\/em>: A History. (University of Oklahoma Press, 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>[8]<a href=\"https:\/\/tulsaworld.com\/news\/state-and-regional\/gallery-the-13-historic-all-black-towns-that-remain-in-oklahoma\/collection_7d1d7b5d-662c-54a0-a072-bc560fdf6756.html#1\"> <em>Tulsa World<\/em><\/a>, <a href=\"https:\/\/tulsaworld.com\/news\/state-and-regional\/gallery-the-13-historic-all-black-towns-that-remain-in-oklahoma\/collection_7d1d7b5d-662c-54a0-a072-bc560fdf6756.html#1\">\u00ab The 13 historic all-Black towns that remain in Oklahoma \u00bb, mis \u00e0 jour le 20 novembre 2020<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>[9] \u00c0 ce sujet, une affaire fascinante, bien que tangentielle, se rapporte \u00e0 l\u2019histoire de Buffalo Child Long Lance, un homme noir qui s\u2019\u00e9tait fait passer pour un Cherokee en Caroline du Nord pour finir par devenir une vedette locale \u00e0 Calgary.<\/p>\n\n\n\n<p>[10] Voir R. Bruce Shepard, <em>Deemed Unsuitable<\/em>, (Umbrella Press, 1997), 87.<\/p>\n\n\n\n<p>[11] R. Bruce Shepard, \u00ab Diplomatic Racism Canadian Government And Black Migration From Oklahoma, 1905-1912 \u00bb (1983). Great Plains Quarterly. 1738. https:\/\/digitalcommons.unl.edu\/greatplainsquarterly\/1738<\/p>\n\n\n\n<p>[12] M\u00eame si les pionniers noirs n\u2019\u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement pas d\u00e9crits comme des \u00ab r\u00e9fugi\u00e9s \u00bb, le torrent de lynchages et de massacres les ayant incit\u00e9s \u00e0 fuir l\u2019Oklahoma r\u00e9pondait \u00e0 la d\u00e9finition \u00e9tablie par l\u2019Agence des Nations Unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>[13] \u00ab This Virginian Says Junkins Negro Makes Fine Farmer \u00bb, <em>Edmonton Journal<\/em>, le 11 mai 1911.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La publicit\u00e9 annon\u00e7ant les meilleures terres nouvelles de l\u2019Ouest, un front ouvert \u00e0 tous les pionniers, fait d\u00e9sormais partie de&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16382,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"10959,5977,4942,2529,7347,7810","_relevanssi_noindex_reason":"","ghostkit_customizer_options":"","ghostkit_custom_css":"","ghostkit_custom_js_head":"","ghostkit_custom_js_foot":"","ghostkit_typography":"","footnotes":""},"categories":[1457],"tags":[],"coauthors":[127],"class_list":["post-18142","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-people-2"],"acf":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/wp-content\/uploads\/1024px-Creeks_in_Oklahoma_crop.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18142","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18142"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18142\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18277,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18142\/revisions\/18277"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16382"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18142"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/citymuseumedmonton.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=18142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}